09/11/2005
Atelier 1
C’est après la réunion d’information du 2 novembre avec le groupe des enfants et des adultes, que j’ai imaginé la fabrication d’un jeu de société qui permettrait de fabriquer, colorier, imaginer, réfléchir, associer, raconter, écrire et frayer un chemin aux histoires pour faire émerger de nouveaux récits et de nouvelles voix.
Il me semblait important de développer le côté ludique pour que les enfants puissent entrer dans l’écriture par le biais d’un jeu qu’ils auraient eux-mêmes fabriqué avec les adultes dans le cadre de l’atelier.
Chez moi, j’ai découpé un lot de cartes dans du papier canson blanc, acheté des crayons de couleurs, et je suis arrivée dans l’atelier pour la première séance de deux heures. Il y avait 10 enfants et 5 adultes de 6 à 84 ans qui m'attendaient prêts pour démarrer cette aventure collective entre générations.
La première heure de l’atelier
Nous avons établi la liste des « choses » que l’on retrouve dans les Contes.
Il me semblait important de développer le côté ludique pour que les enfants puissent entrer dans l’écriture par le biais d’un jeu qu’ils auraient eux-mêmes fabriqué avec les adultes dans le cadre de l’atelier.
Chez moi, j’ai découpé un lot de cartes dans du papier canson blanc, acheté des crayons de couleurs, et je suis arrivée dans l’atelier pour la première séance de deux heures. Il y avait 10 enfants et 5 adultes de 6 à 84 ans qui m'attendaient prêts pour démarrer cette aventure collective entre générations.
La première heure de l’atelier
Nous avons établi la liste des « choses » que l’on retrouve dans les Contes.
- Les fées
- Les dragons
- Les rois
- Les reines
- Les gens (le pêcheur, le bûcheron etc.)
- Les princes
- Les princesses
- Les lutins
- Les forêts
- Les châteaux
- Les objets
- Les sorts
- Les sorcières
- Les animaux
- Les garçons
- Les filles
- Les pays
- Les vêtements
- Les elfes
- Les oiseaux
- Les armes
- Les magiciens
- Les monstres marins
Puis, je leur ai distribué des cartes pour faire des séries de princesses, de sorcières, de forêts etc. Chacun imaginait un nom et notait sur le recto de la carte.
Quelques exemples :
l’elfe seigneur des ténèbres, la sorcière Agata, Nicolas le bûcheron, la fée du printemps etc.
Lorsque les séries ont été terminées, ils ont établi les fiches signalitiques de chaque carte sur une feuille libre.
Quelques exemples :
L’elfe seigneur des ténèbres est petit. Il est très méchant. Il a un dragon qui l’accompagne. Il porte des cornes rouges. Il veut régner sur le monde. Il vit dans un château noir.Le lutin Léo porte un petit chapeau rouge et des souliers pointus. Il a fait une maison qui ne bouge pas. Il mange des champignons. Il joue avec ses amis dans la forêt qui est pleine de fleurs et d’arbres, et d’oiseaux. Il a peur des hiboux, surtout la nuit. Des lapins dansent dans la journée. Il font toujours beaucoup de bruit.
La sorcière Agata est très sympath, contrairement aux autres sorcières. Elle vit en Russie. Elle aime les enfants et la soupe.
Le dinosaure Carnivor mange beaucoup de viande et aussi des enfants. Il est grand de taille avec de grandes dents et des bosses. Il vit dans la jungle. Il dépasse les arbres et les humains. On reconnaît un dinosaure fille ou garçon par le sexe. Les œufs de dinosaure sont plus gros qu’une tête d’homme ou de femme.Pour clore cette première heure, j’ai lu un conte des frères Grimm « Dame Trude ».
La deuxième heure de l’atelier
Pendant que les enfants dessinaient et coloriaient le verso des cartes, les adultes se prenaient la tête au-dessus d’une page blanche pour décliner leurs souvenirs et leurs évocations à partir du mot « Conte ».
Cinq textes ont été écrits :
Des histoires, toujours des histoires, encore des histoires ! Moments merveilleux de ma plus petite enfance. Livres-cadeaux à Noël avec leurs pages colorées, des animaux et des choses si douces dessinées qui me transportaient dans des mondes méconnus, imaginaires où tout était mystérieux. Je me souviens lorsque j’étais enfant, clouée au lit avec une sacrée fièvre, après m’avoir prodigué les soins nécessaires, ma mère m’inondait de tous mes livres. Et soudain, mes petits maux s’apaisaient. Que ne relirai-je point : Boucle d’or, Patins d’argent, Tristan et Yseult, sans oublier Le Chat botté qui avait des mimiques délicieuses.
J’ai pu ainsi me balader d’un continent à un autre en utilisant tous les moyens de transport : avion bien sûr, ou bateau, ou encore un vieil omnibus, même des ânes et des charettes.
Et puis dans un conte, ce qui me plaît, c’est qu’il y a le plus souvent une justice. Les méchants sont punis, les amoureux se retrouvent, le printemps revient toujours.
Ginette
J’ai 65 ans. Lorsque j’étais petite, il n’y avait pas de télé, donc très tôt maman nous racontait des histoires avant d’aller au lit et on imaginait fées, princesses et princes charmants. pour moi, le Conte c’est l’imaginaire, le rêve.
Puis, j’ai grandi. J’ai appris à lire et j’ai beaucoup lu. Je me suis évadée au quotidien. Je me racontais des histoires fantastiques, tantôt j’étais malheureuse et ma marraine fée arrivait toujours pour me sortir de l’embarras, tantôt j’étais une aventurière partie loin d’ici traquer les méchants, et toujours je sortais gagnante de tas d’histoires.
Lorsque je me promenais en forêt, je regardais partout, cherchant en vain un animal qui se transformerait en Prince charmant.
Le temps a passé, je suis devenue maman. J’ai raconté des histoires à mes enfants, mais la concurrence de la télé est rude.
Avec mes petits-enfants je me rattrape –jusqu’à ce que la télé me les arrache encore…
Peut-être que les enfants d’aujourd’hui rêvent à autre chose que les princesses et les fées ? A vous de me le dire.
Josette
Pour moi, « Conte » signifie une histoire de notre plus tendre enfance. J’ai pu raconter des histoires à mes enfants et j’espère que eux aussi pourront raconter des contes à leurs enfants. J’ai vécu dans une maison qui n’avait pas d’eau. On pouvait pas faire la douche. Il fallait qu’on aille chercher l’eau à la fontaine. On était trois frères et six sœurs. La vie était très dure, mais c’était convivial. Quand on rencontrait les voisins, on échangeait notre enfance et comment nos parents ont vécu. Mais aussi, on voulait connaître leur jeunesse.
Sakina
Je n’ai que peu de souvenirs sur les Contes de mon enfance. Leurs traces ne m’en ont laissé que très peu. Par contre, les seuls qui m’aient vraiment transporté de légèreté sont les Contes qui n’en sont pas nécessairement. Je pense aux films de science-fiction, aux films fantastiques, aux univers inventés, imaginaires, rêvés : Brazil de Terry Gillian, Neverland, E.T., La Guerre des Etoiles, Merlin l’Enchanteur de Barjavel, Dune de Frank Herbert, Peter Pan, Wellow. Tout ce qui a trait à la rêverie, à l’irréel, à l’imaginaire ; tout ce qui permet l’évasion de l’esprit, pour ma part est un Conte.
Les Contes me sont d’autant plus importants émotionnellement qu’ils sont partagés avec intensité avec les autres.
Je me sens apaisé de me laisser porter par tous ces récits visuels, auditifs, et même adulte, ces Contes-là me transportent de joie.
Gilles
Les premiers Contes, je les ai entendus de la bouche de ma maman car je ne savais pas lire. Quand j’eus 7 ans, je pus enfin déchiffrer le premier livre qui fut mon cadeau de Noël : Le Petit Chaperon Rouge, Le Petit Poucet, Barbe Bleue, Riquet à la Houppe, Cendrillon…
A chaque lecture, faite très lentement la première fois, je pus enfin lire et m’imaginer. Dire que tous me plaisaient serait faux, car c’était difficile d’imaginer certains. Mais lorsqu’ils parlaient du merveilleux : Cendrillon avec son petit soulier, son Prince qui l’espérait tant fait venir toutes les filles de son royaume avant de découvrir le plus petit pied auquel le soulier de « verre » allait, et les méchantes sœurs dépitées qui se voient punies ainsi que la marâtre… On ne s’en lasse pas…
Riquet à la Houppe qui n’est plus trop à la mode me faisait pitié. Il est si laid ! Mais tout finit par un banquet, après avoir lui aussi, trouvé sa Princesse…
Merci les bonnes marraines fées qui viennent toujours pour sauver la situation.
Le Petit Poucet est venu plus tard quand j’eus mes enfants. Ils me demandaient de leur raconter l’histoire au moment de la soupe. Je n’arrivais jamais à la fin car celle-ci était avalée. Heureux, malheureux ? Ne réfléchissons pas trop car l’Ogre rôde avec ses sept filles et l’Ogresse. On n’en finirait pas de dire les fins heureuses après des minutes d’angoisse et souvent d’horreur.
Plus tard, on m’offrit le livre complet des Contes de Perrault. Comment se fait-il qu’il arrive à nous captiver avec des histoires que je n’aurais plus le courage de relire aujourd’hui ? Je n’ai plus l’imagination, ni les rêves de mon enfance, mais on peut les lire et les relire pour soi et pour ses enfants.
Que c’est beau de voir luire leurs yeux émerveillés ou peureux ! Mais, ils finissent toujours bien et c’est ça qui est important, on redemande du carosse, des fées à la robe de lumière et du Prince charmant. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…
Raymonde
14:00 Publié dans Mon journal de bord où se trouve le poster du JEU | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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