18/01/2006

Atelier 8 (suite) - Jardins, chemins, souvenirs...

Imane a choisi "Le jardin"

Rempli de roses le parfumant de leur odeur attirante, les abeilles se posent sur les tournesols. Il y a plein de petits sentiers remplis de gravier. Les oiseaux qui chantent se tiennent sur les branches des arbres. Les oiseaux me gazouillent : "C'est bientôt la fin de l'été, donc profites en bien du jardin !"

Le jardin représente pour moi la paix. Toutes ces fleurs, ces oiseaux qui chantent en coeur avec les cigales, c'est si beau à entendre et à voir que j'éprouve du bonheur et du plaisir et que j'y passerais toute ma vie. Je me suis même fait des amis : des oiseaux, des chats, des cigales, et même des fleurs. Ils sont devenus mes amis car quand je passais devant les fleurs, elles souriaient, les petits châtons se frottaient à mes pieds, les oiseaux chantaient de bonheur quand ils me voyaient.

Ce jardin est spacieux, rempli d'animaux et de plantes qui vivent là. Il y a de la place pour tout le monde. Il est de toute les couleurs : du jaune, du rose, du rouge, du bleu... Il y a surtout beaucoup de vert.

Mon jardin, il est aussi peuplé de fées très gentilles et très belles. Ces fées vivent dans les roses.

Imane



Kévin - Les souvenirs

Je me souviens de ma sortie sur l'île du Frioul avec le paysage dénudé et la mer qui faisait de l'écume, et des fleurs de toutes les couleurs, des arbres, petits, moyens et grands... J'ai même vu un crapaud dans un buisson, mais mes copains ne m'ont pas cru; puis, je suis parti le dire à la maîtresse qui m'a demandé si j'avais pris une photo ? Ben, j'ai dit oui !

Moi, je me sentais libre comme un animal lâché dans la nature. Je me sentais libre parce qu'avec ces fleurs, j'éprouvais un sentiment passionné comme celui d'un fleuriste. Puis, nous sommes rentrés dans l'Hôpital Caroline. Il y avait un guide qui nous racontait l'histoire de ce bâtiment. Je me suis vraiment éclaté !

Kévin



Josette a préféré le tissage de trois fibres : le jardin, les souvenirs et les chemins

Dès que j'ouvre les yeux dans ma chambre au niveau du sol, j'ouvre les volets et là je suis dans mon jardin. Lorsque je dis jardin, c'est un bien grand mot, c'est un endroit un peu anarchique, il y a un coin potager, pas très grand... où les petits enfants vont l'été ramasser tomares, poivrons, courgettes... puis, on fait la salade ou la ratatouille, on se régale...

Un autre coin du jardin a été pris pour y creuser une piscine avec sa barrière de protection, ça ne me plaît pas trop, ça fait un peu prison, mais pour la sécurité des enfants, il faut bien accepter ça. Je n'ai qu'à imaginer un accident avec les enfants pour me faire à l'idée qu'il le faut...

Un troisième petit coin a été bien délimité. Il sert de terrain de boules, des parties endiablées s'y jouent, avec des cris, des contestations, quelquefois des bouderies qui se terminent devant un apéro ou un sirop.

Le jardin... lorsque je pense jardin, je me souviens lorsque j'étais jeune, maman était seule pour nous élever ma soeur et moi. C'était la guerre, nous n'avions pas trop d'argent, maman avait demandé un petit terrain aux jardins familiaux. Elle l'avait eu. Mais quel travail ! Elle espérait avoir des légumes, des fruits, des fleurs, mais que la terre était basse... Et à 18 et 10 ans, on n'était pas d'une grande aide. Maman admirait les parcelles à côté de la sienne où il y avait des hommes pour bêcher, creuser, planter, enlever les mauvaises herbes. Elle faisait ce qu'elle pouvait, mais le résultat n'était pas très probant.

J'ai le souvenir du jour où j'étais allée ramasser du persil. La terre étant déjà trop basse pour moi, je me suis assise parterre. J'ai ramassé mon persil et j'ai commencé à rêver, rêver, rêver... quand une sensation de brûlure aux fesses m'a faite revenir sur terre ! ça brûlait ! ça piquait ! Aïe ! Je me suis relevée en criant et en pleurant. A ce moment-là, ma mère qui ne me voyait pas revenir, est venue me chercher et m'a trouvée en larmes. Je m'étais assise sur une fourmillière et j'en avais partout des fourmis : sur les fesses, sur les cuisses, dans le dos... Les traîtresses m'avaient déclaré la guerre à leur façon.

Depuis, j'ai peur des fourmis, bien qu'on me dise que les petites bêtes ne mangent pas les grosses.

Josette



Raymonde et les chemins

Ressentir une émotion, se laisser envahir par un grand bonheur qu'on a connu, mais aussi une grande souffrance pour ce qui est, mais ne sera plus ce qui a été. Images d'un passé plein de joie, de souvenir, d'affection et d'amitié. Comment la vue d'un petit sentier de Provence à 9 heures du matin peut-il créer tant d'émotion ?

Je ne suis plus la grand-mère qui accompagne son petit-fils un matin, afin qu'il fasse une journée de plein air. Me voici il y a quelques années, pas très loin, sac au dos, souliers de marche, dans ce même sentier, celui-là ou un autre, le même, peu importe. Nous avons rendez-vous avec le groupe à la cabane forestière de la Fontasse. Chacun est arrivé mené par un copain ou conduisant lui-même sa voiture transformée en transport en commun. Rassemblement, tout le groupe est là. Embrassades et bonheur. Nous regardons le chemin que nous allons prendre avec notre repas dans le sac.

Ils sont si beaux ces sentiers bordés de fleurettes qui poussent au milieu de la caillasse : iris, pâquerettes, cinéraires, buissons épineux. Nous cherchons ensemble leur nom. Parmi le groupe de marcheurs, il y a des érudits connaissant toutes ou presque le nom des plantes qui rendent mos paysages si beaux.

Le départ est toujours facile. Souvent le sentier est bordé par des pins. Ceux-ci poussent partout, même entre deux rochers. Quelle envie de vivre ! Comment une petite graine tombée, poussée par le vent, a-t-elle pu donner ce magnifique pin qui se découpe sous le ciel bleu ?

Nous marchons respectant la flore, ne cueillant pas les fleurs. Nous savons tout ce qu'il a fallu de courage à cette végétation pour croître malgré le vent violent, la sécheresse et le soleil impitoyable. Nous nous sentons solidaires avec elles car nous aussi nous puisons notre joie de contempler tout ça, de respirer l'air pur, de contempler tout ça, de respirer l'air pur, d'admirer, simplement. Nous ne faisons qu'un avec le chemin, nous l'aimons, nous ne sentons pas la fatigue, ni le mal aux pieds, ni la côte trop dure. Notre corps est envahi de sérénité. Un regard avec les copains et les copines qui marchent à côté de nous, nous ressentons tous et toutes la plénitude de ce moment de pur bonheur.

Ce chemin va s'étirer jusqu'à ce que la faim se fasse sentir et là assis à même la terre et les pierres, nous allons partager la nourriture du coeur et de l'estomac. Je suis là à rêver que j'emprunte à nouveau ce chemin. Pas de regret si je ne pars pas aujourd'hui, j'ai eu mon tour, je ferme les yeux, je respire un bon coup, au revoir Adrien, petit-fils, à ton tour de profiter de ces chemins. Je les referais avec toi par la pensée. Je m'unirais à eux pour t'apporter la joie.

Raymonde



Ginette et son jardin

Un jardin : qui ne rêve pas aujourd'hui d'avoir un jardin, son jardin, quelque chose que l'on dompterait et qui en même temps resterait maître de son monde.

On peut en faire de toutes sortes. L'agrément, prêt à donner du relief à notre habitation; fait de fleurs et d'arbres bien taillés, de pelouses bien tondues, de pergolas garnies pour inviter à la méditation, au repos, à la sieste. Le jardin qui comporterait des arbres fruitiers.

J'aime celui dont s'occupe mon mari et dans lequel il s'évade. Il n'est pas très grand, en restanques avec des marches dallées. L'été, il regorge de géraniums, de roses. Nous savons apprécier dès le mois de mai le parfum que nous livre le jasmin qu'André laisse grimper avec beaucoup de méthode sur le devant de la cuisine.

Ce que je préfère je crois, c'est son petit carré de potager auquel il n'arrive pas à renoncer malgré le travail quotidien que ça représente. Quel boulot ! Mais quelle satisfaction quand je pars cueillir au fur et à mesure de mes besoins ma feuille de laurier, mon bouquet de persil auquel je rajoute thym et romarin. Et les laitues ! Les voisins en profitent aussi. Quelle récompense quand on se met à table. Bien sûr, nous sommes plutôt chauvins, en choeur nous nous félicitons de la fraîcheur et du bon goût.

Quand j'étais toute petite, mon grand-père déjà me conduisait avec lui vers ce jardin qu'il s'était approprié, mais dont il savait bien qu'il lui était prêté comme à bien d'autres, c'est ce qu'on appelait "les jardins ouvriers". Je me souviens de l'arrosoir dont je pouvais me servir car comme tous les gosses ce qui m'intéressait c'était de patauger dans l'eau, la voir comme un petit fleuve couler le long des rigoles bien dessinées.

Je trouve merveilleux cet engouement depuis quelques années pour les jardins et j'aime regarder l'émission qui leur est consacrée chaque fois que je le peux.

Les jardins japonais avec des essences différentes et qui respirent le calme. Les jardins anglais qui sont plutôt un désordre organisé : la nature y est libre mais nécessite autant de soins que les autres. Le jardin de curé, petit, avec ses quatre carrés,s es plantes aromatiques. Les jardins dits à l'italienne avec les statues et les fontaines. Ceux à la française qui apparaissent rectilignes, bien organisés, ornés de véritables broderies.

J'aurais beaucoup de choses à raconter sur les jardins. J'en ai des images plein la tête.

Ginette

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