01/03/2006

Raymonde et le ciel d'Ismaël Kadaré

Raymonde a choisi une phrase d'Ismaël Kadaré dans le livre "chronique de la ville de pierre"

 

De plus en plus, je pensais que le monde aurait peut-être mieux fait de ne plus avoir de ciel du tout.

Ciel qui es-tu ? Vision paradisiaque du ciel : les anges volent autour d'un Dieu, chantant ses louanges; harpes, sons divins, accompagnant l'aodration de tous les élus du ciel; espoir qui fait supporter une vie souvent douloureuse; mais, ces souffrances auront une fin éternelle et seront autant de gage pour la félicité. On lève les yeux vers le ciel, on prie. Sa beauté et son immensité emportent l'âme, et pourtant...

Pourquoi un jour ce ciel, malgré sa luminosité, devient gris ? Sont-ce les nuages, où derrière se cache la félicité, qui sont fautifs ? Non, car le coeur a la couleur de l'âme, et aujourd'hui, l'âme est désespérée. Ce qui devrait nous apporter tant de bonheur, tant d'espoir, nous fait peur. Il fait beau et toutes les menaces se concrétisent : bruits infernaux des puissants moteurs d'avions qui vont lacher leurs bombes et asséner la mort; bruits de tempêtes, assordissant du ciel menaçant... Est-ce que la colère gronde ?

Depuis la création du monde, l'homme est terrorisé. Y a-t-il un Dieu terrible qui se cache et qui exprime sa colère contre la méchanceté de certains hommes et la faiblesse des autres ? Faut-il maudire ce ciel si puissant, ou alors, choisir le radieux, le beau, quand le ciel est aidé par le soleil qui en brillant me fait dire comme Edmond Rostand : "Oh soleil toi sans qui les choses ne seraient que ce qu'elles sont !"

Souffrance, espoir, peur, et courage, s'expriment dans ce ciel et nous permettent de lever les yeux. Que ferions-nous s'il n'y avait qu'un grand trou ? Qui prier ? Qui adorer ? Quel vide...

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